La santé incarcérée : enquête sur l’accès aux soins spécialisés en prison – OIP
Résumé
Les besoins en matière sanitaire sont énormes en prison. L’état de santé des personnes détenues, souvent déjà dégradé au moment de leur incarcération, est encore fragilisé par des conditions de détention difficiles. Pourtant, l’accès aux soins spécialisés s’avère le plupart du temps compliqué, voir impossible, et le suivi requis par certaines pathologies semble, à bien des égards, incompatible avec les restrictions imposées par les logiques pénitentiaires.
Issu d’une enquête de plusieurs mois, ce rapport dresse un état des lieux des l’accès aux soins spécialisés en prison, identifie les freins et propose une série de recommandations pour que le principe d’égalité des soins entre personnes détenues et populations générales, inscrit dans la loi depuis 1994, soit enfin une réalité.
Lien avec les addictions :
Les détenus sont particulièrement touchés par des pathologies bucco-dentaires en raison de la précarité et des addictions. L’accès aux soins spécialisés est insuffisant, avec des postes vacants et des délais de prise en charge trop longs. Cette carence aggrave l’état de santé des détenus et favorise le développement d’addictions aux antalgiques. En parallèle, les consultations en addictologie sont souvent limitées par un manque de moyens et de personnel, malgré des besoins croissants.