Rapport sur les haltes soins addictions : un dispositif expérimenté depuis 2016 – République Française, IGA, IGAS
Les haltes soins addictions : Un dispositif expérimenté depuis 2016 pour réduire les risques et nuisances associés à la consommation de stupéfiants dans l’espace public (Octobre 2024).
Résumé
Plus de 150 espaces de consommation supervisée de drogues ont essaimé dans le monde, dont plus d’une centaine en Europe, en réponse à la propagation de l’épidémie de VIH-Sida dans les années 1980, puis pour réduire les risques sanitaires et les nuisances liés à la consommation de drogues dans l’espace public, notamment injectées.
En France, les « salles de consommation à moindre risque » (SCMR) ont été autorisées par expérimentation législative en 2016, prolongée en 2022 jusqu’à fin 2025 en « haltes soins addictions » (HSA).
Depuis 2016, seules deux HSA ont été ouvertes, à Paris et à Strasbourg ; elles accueillent 1 600 personnes, soit moins de 1% des 342 000 usagers problématiques de drogues estimés en France en 2023.
Les HSA accompagnent un public en forte désaffiliation sociale, majoritairement sans domicile fixe.
Les inhalateurs de cocaïne basée (crack) présentent une fragilité encore plus grande. L’addiction est particulièrement forte et génère une consommation frénétique qui accélère la désocialisation.
Les études internationales, et plus récemment l’étude française publiée par l’Inserm en 2021, attestent de la plus-value sanitaire des HSA pour l’usager : la consommation supervisée, en limitant les pratiques d’injection dangereuses et le partage de matériel, réduit les risques infectieux, les surdoses et les affections somatiques.
Les salles améliorent la tranquillité publique en diminuant les consommations de rue. Depuis 2016, près de 550 000 injections ont été abritées dans les salles de Paris et Strasbourg ; les seringues ramassées autour de la salle sont passées de 150 à moins de 10 par jour à Paris.
Les salles n’engendrent pas de délinquance, voire sont susceptibles de faire baisser le nombre de délits commis par leurs usagers.
Après avoir entendu les acteurs concernés, dont les services de police et les parquets, la mission recommande de mener à son terme l’expérimentation en cours à Paris et Strasbourg.
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