Réduction des risques et des dommages en milieu pénitentiaire : attentes et représentations – F2RSM Psy

Présentation synthétique

L’enquête

  • Enquête qualitative par entretiens semi-directifs ;
  • Trois établissements pénitentiaires de la région Hauts-de-France (1 maison d’arrêt, 2 centres pénitentiaires – 2 quartiers maison d’arrêt (quartiers hommes et quartier femmes), 1 quartier centre de détention, 1 quartier maison centrale) ;
  • 47 entretiens menés entre le 4 mars 2021 et le 15 mars 2022 (personne détenues, professionnels du soin, agents pénitentiaires et personnels de direction).

Les résultats

  • Compte tenu des consommations repérées en détention, un besoin fort de matériel de réduction des risques et des dommages (RdRD) est exprimé par les équipes de soin, mais également, bien que de manière plus minoritaire, par les personnes détenues.
  • Outre la question du matériel de RdRD, un besoin important de prévention individuelle et collective est affirmé tant par les équipes soignantes que par les personnes détenues.
  • Les représentations de la RdRD, et , au-delà, de l’addiction et des destinataires de l’action restent largement conflictuelles entre mondes du soin et de la sécurité.
  • En l’absence d’un cadre normatif clair et facilitant, c’est principalement par le biais de négociations informelles que la mise en place de matériel de RdRD est susceptible d’avoir lieu.
  • La stigmatisation omniprésente des personnes détenues présentant des problématiques addictives constitue un risque important que la transposition de pratiques de RdRD en milieu carcéral ne peut ignorer.
  • Cette stigmatisation est de nature à détourner une partie des personnes détenues du suivi et de l’inscription dans des programmes de RdRD.
  • Les équipes de soin elles-mêmes sont inégalement porteuses de pratiques et de principes d’action compatibles avec la RdRD.

Les enjeux

  • La construction d’intérêts communs entre mondes du soin et de la sécurité peut-elle se produire sans « pénitentiarisation » de la santé en milieu carcéral ?
  • Comment intégrer à une démarche de RdRD les risques spécifiques liés à la consommation médicamenteuse en milieu carcéral ?
  • Quels sont les bénéfices et les risques des pratiques informelles par rapport à des dispositifs plus formalisés ?

Les recommandations

  • Un cadre normatif clair est largement indiqué comme un facteur de lisibilité des actions susceptibles d’être mises en place par les équipes soignantes et de facilitation des négociations entre équipes de soins et administration pénitentiaire.
  • L’intervention d’acteurs spécialisés dans la RdRD, tels les Centres d’Accueils et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD), est encore extrêmement marginale, et de nombreux acteurs du soin souhaiteraient voir celle-ci se développer.
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