Evénements médicaux et comportementaux survenus chez des patients déclarant un traitement par Prégabaline à la consultation d’entrée en milieu carcéral, suite à une décision d’équipe d’arrêter systématiquement un tel traitement
Évènements médicaux et comportementaux survenus chez des patients déclarant un traitement par Prégabaline à la consultation d’entrée en milieu carcéral, suite à la décision d’équipe d’arrêter systématiquement un tel traitement : étude observationnelle descriptive par étude de dossiers dans les prisons d’Aiton et Chambéry.
INTRODUCTION : Le mésusage de Prégabaline est un enjeu de santé publique croissant, notamment en France, et particulièrement en milieu carcéral. Il n’existe pas, à ce jour, de recommandation pour le sevrage. Cette étude observationnelle a été réalisée à la suite d’une décision de l’équipe médicale d’arrêter ce traitement à la consultation d’entrée, de manière systématique, dans les prisons d’Aiton et de Chambéry. En effet les patients sollicitent une telle prescription, souvent hors Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) et contestent la décision médicale d’interruption du traitement.
METHODE : Les patients déclarant un traitement par Prégabaline à leur consultation d’entrée ont été inclus entre Mai 2021 et Avril 2023, un recueil de données a été réalisé et relevait, dans le mois suivant la consultation d’entrée du patient, les événements physiques et comportementaux suite au sevrage de la Prégabaline avec mise en avant des événements graves comme la survenue d’une crise comitiale, décès, hospitalisation ou consultation aux urgences.
RESULTATS : Quarante-six patients ont été inclus, de sexe masculin, avec une moyenne d’âge de 31,2 ans. Nous avons constaté que 100% des patients avaient un trouble lié à l’usage de substances. Les pratiques observées étaient hétérogènes : le traitement a été sevré sur une durée inférieure à un mois pour 34 (74%) patients avec des prises en charge différentes, dont 29 (63%) patients pour lesquels le sevrage était immédiat. Aucun événement grave n’a été observé. Pour 41 (89%) patients, la prescription était réalisée hors AMM.
CONCLUSION : Cette étude observationnelle souligne que, chez 46 patients déclarant un traitement par Prégabaline à l’admission en prison, l’arrêt systématique de ce traitement n’a pas entraîné d’événement médical ou comportemental grave. Une étude à plus large échelle est nécessaire afin d’envisager de généraliser cette pratique.