Une étude nationale inédite sur la santé mentale en maison d’arrêt
La Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie et Santé Mentale Hauts-de-France (F2RSM Psy) publie les résultats d’une étude longitudinale inédite en France portant sur la santé mentale des personnes incarcérées en maison d’arrêt. Cette étude constitue une référence scientifique majeure pour mieux comprendre l’évolution des troubles psychiatriques en détention et éclairer les politiques publiques ainsi que les pratiques professionnelles.
Une approche longitudinale unique
L’étude, coordonnée par le Dr Thomas Fovet, repose sur le suivi d’une cohorte de 951 personnes incarcérées, évaluées à l’entrée en détention puis à 3 et 9 mois d’incarcération. Cette perspective longitudinale permet de documenter non seulement la prévalence des troubles, mais aussi leur trajectoire au fil du temps en détention.
Principaux constats
Les résultats mettent en évidence plusieurs points structurants :
- Une vulnérabilité psychiatrique majeure dès l’entrée en prison : près de 7 personnes sur 10 présentent un trouble psychiatrique ou un trouble de l’usage de substances au cours de la vie.
- Un risque suicidaire élevé à l’arrivée en détention, qui reste préoccupant même après plusieurs mois.
- Des trajectoires individuelles contrastées, malgré une stabilité apparente des troubles à l’échelle du groupe.
- L’impact des facteurs environnementaux tels que l’isolement, les violences et les conditions de vie en détention.
- Des difficultés persistantes d’accès aux soins et aux dispositifs d’accompagnement, particulièrement chez les femmes incarcérées.
Recommandations pour l’action
Au-delà du constat, l’étude formule des recommandations concrètes pour :
- Prévenir et repérer précocement les troubles psychiatriques ;
- Renforcer la prévention du suicide ;
- Assurer la continuité et l’accès aux soins ;
- Lutter contre l’isolement et les violences en détention ;
- Améliorer les conditions de détention pour soutenir la santé mentale.
Un outil au service des politiques publiques
Ces résultats fournissent une base solide pour les décideurs, les professionnels de santé mentale, les acteurs pénitentiaires et judiciaires. Ils contribuent à alimenter le débat public sur la santé mentale en milieu carcéral et à orienter les stratégies d’intervention et de prévention.
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