Dispositif Trend : Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Toulouse, Montpellier et Perpignan en 2025
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Le dispositif TREND (Tendances récentes et nouvelles drogues) est un dispositif d’observation piloté par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Il vise à repérer et à comprendre les évolutions des usages de substances psychoactives, des populations qui les consomment et des marchés des drogues, notamment les phénomènes émergents ou peu documentés.
Substances psychoactives, usagers et marchés. Tendances récentes à Toulouse, Montpellier et Perpignan en 2025. Réalisé par Méryl Srocynski et Jennifer Yeghicheyan, CREAI-ORS Occitanie, OFDT, août 2026
1. Les trafics se professionnalisent et se numérisent
Les réseaux utilisent davantage les messageries et les outils numériques pour présenter leurs produits, prendre les commandes et organiser les livraisons. Ils adaptent leurs pratiques aux contrôles et aux mesures de modération des plateformes. Les points de vente physiques restent toutefois présents.
2. La cocaïne et la kétamine deviennent moins chères
La baisse des prix facilite l’accès à la cocaïne et la kétamine. La cocaïne est parfois vendue autour de 40 € le gramme. Sa pureté reste néanmoins élevée : la teneur médiane mesurée sur 36 échantillons analysés atteint 91 %. Pour la kétamine, les prix peuvent descendre à 10–20 € le gramme.
3. Le recrutement dans les réseaux touche des profils variés
Les réseaux recherchent des personnes considérées comme moins suspectes, y compris des personnes socialement insérées. Sur les points de vente physiques, les jeunes en situation de précarité restent particulièrement exposés. Les dettes réelles ou fictives, les violences et le travail peu ou pas rémunéré peuvent renforcer leur emprise.
4. La cocaïne basée progresse chez les personnes en grande précarité
Elle occupe une place centrale dans les consommations observées par les équipes de terrain. Certains professionnels estiment que des personnes auparavant consommatrices d’opioïdes se tournent vers la cocaïne.
5. La précarité et le mal-logement s’aggravent
L’accès aux squats, parkings et autres abris se réduit, tandis que les dispositifs d’hébergement sont saturés. Cette instabilité complique le suivi social et sanitaire et peut contribuer à des consommations multiples.
6. Les usages évoluent dans les espaces festifs et le chemsex
La kétamine continue de se diffuser dans les événements de musique électronique et les contextes de chemsex. Les professionnels signalent des troubles de l’usage du GHB/GBL et une demande de réduction des risques supérieure aux moyens disponibles. La répression des événements festifs alternatifs s’est également renforcée.
7. L’accès aux soins et à la réduction des risques devient plus difficile
Les obstacles administratifs, les restrictions de matériel et l’arrêt de certains dispositifs d’accompagnement peuvent fragiliser les parcours de soins et favoriser la reprise de pratiques à risque. Le rapport souligne également des préoccupations sanitaires liées aux usages non festifs de kétamine et au protoxyde d’azote.
L’étude décrit un marché des drogues plus accessible et plus adaptable, dans un contexte où les vulnérabilités sociales et les besoins de santé publique s’accentuent.
Elle met surtout en évidence le décalage entre, d’une part, la capacité des réseaux à renouveler leurs modes de vente et, d’autre part, les difficultés rencontrées par les structures sociales, sanitaires et festives pour prévenir les risques et accompagner les personnes concernées.
Le principal enseignement est donc que la réponse au phénomène ne relève pas uniquement de la lutte contre les trafics : elle concerne aussi l’accès au logement, les soins en addictologie, la prévention et le maintien des dispositifs de réduction des risques.
Substances psychoactives, usagers et marchés : tendances en 2023 – OFDT